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En ce début d’année 2022, avec l’ouverture de la Free Agency le 15 janvier prochain, le Front-Office des franchises ne chôme pas. Pour Las Vegas et New York, c’est un changement de trajectoire, un virage important pour ces deux franchises qui aspirent au titre final.

Deux femmes incarnent ces changements. Pour Las Vegas, c’est Becky Hammon, véritable légende au parcours atypique et pour New York, c’est l’australienne Sandy Brondello, ex-coach de Phoenix, finaliste de la saison 2021.

Sandy Brondello, l’australienne qui débarque à New-York

Crédits photo : New York Liberty

Cela faisait plusieurs semaines que les agences de presse new-yorkaises parlaient de cette arrivée, et une fois encore, elles ont eu raison. Mais tout de même, une coach du calibre de Sandy Brondello (Championne WNBA 2014, nommée Coach Of The Year la même année, Vice-Championne du Monde avec l’Australie en 2018) qui débarque à New York, c’est fort ! Mais surtout, les ambitions affichées par les dirigeants de la franchise sont claires : c’est le titre ou rien . En chiffres, ce choix est encore plus impressionnant, mais avant tout justifié : Sandy Brondello est tout simplement la 10ème coach WNBA la plus victorieuse en saison régulière (164 victoires pour 128 défaites en neuf saisons à la tête des Mercury, soit un pourcentage de victoire de 56.2%). Et c’est surtout, la coach la plus victorieuse de l’Histoire WNBA en playoffs avec un impressionnant record de 24 victoires pour 19 défaites. Il faut dire que Phoenix a atteint par deux fois les Finales depuis sa nomination en 2014, et a toujours effectué de longues postseason.

Un choix logique donc, le Front-Office New Yorkais a choisi l’une des meilleures pantoufles possibles à son pied en choisissant Sandy Brondello. Elle qui, en plus de savoir comment gagner, connaît la WNBA dans ses moindres recoins. Elle y a joué pas moins de 5 saisons, en étant l’une des meilleures meneuses des années 2000 évoluant à près de 11.4 points, 2.3 passes. Vraie shooteuse à trois points (41%), elle aura joué 155 matchs, avec Detroit, Miami ou encore Seattle. Sélectionnée au premier WNBA ALL-Star Game en 1999, la native de Mackay en Australie a joué pendant près de 17 saisons en tant que professionnelle et notamment en Europe, en Allemagne, à Wuppertal de 1992 à 2002. Son palmarès, déjà impressionnant en tant que coach l’est aussi en tant que joueuse puisque l’Australienne a remporté entre autres l’Euroligue 1996. En sélection nationale, ce sont deux médailles d’Argent au J.O de 2000 (Sydney) puis de 2004 (Athènes). Enfin, on peut aussi notifier ses deux médailles de Bronzes remportées avec les Opals aux Championnats du Monde 1998 et 2004.

Pour finir, Sandy Brondello, et c’est ça qui fait tout son charme, est une battante, une warrior qui donne tout mais qui a le talent avec ! Draftée en 34 position en 1998, elle a su faire sa place, se faire un nom au milieu des Yolanda Griffith et autres Cynthia Cooper. C’est la coach qu’il fallait au Liberty.

Il faut dire que la franchise était dans le dure, stagnant dans les profondeurs de la WNBA ces dernières années. C’est la saison passée qui a lancé le renouveau new-yorkais avec une huitième place acquise à l’arrachée synonyme de qualification en Playoffs. Mais dès le Premier tour face au Mercury de Phoenix coaché par Sandy Brondello, le Liberty sera trop court (défaite d’un point). Pour la franchise, il y a du potentiel et cette saison encourageante vient le prouver. Pour passer encore une étape, New York décide alors de séparer de Walt Hopkins le jugeant alors pas en mesure de mener les Liberty au titre.

Alors, tout ça c’est bien, mais la franchise est elle capable d’aller loin en playoffs ? Sandy Brondello affirme que oui !

“It is an honor to join the historic New York Liberty franchise and to coach and lead such a talented roster of players,” said Brondello.

C’est un véritable honneur pour moi que de coacher les New York Liberty, une franchise historique de la WNBA, mais aussi de mener un si talentueux roster

WNBA Report

Un roster talentueux, c’est sûr : Sabrina Ionescu, Natasha Howard, Betnijah Laney, Sami Whticomb ou encore Rebecca Allen…. Autant de joueuses désormais référencées qui manquaient d’expérience, de maîtrise, mais surtout, gagner ça s’apprend, et ça le GM de New York le sait :

Sandy brings a wealth of coaching experience and is a proven winner with a championship pedigree, both as a player and coach in the WNBA and internationally, […] We are thrilled to welcome her to New York as we move forward in our pursuit of winning a WNBA Championship.- said Liberty General Manager Jonathan Kolb.

Sandy va apporter sa riche expérience en tant que coach, c’est une gagnante reconnue et une coach d’un très haut calibre, d’un calibre assez haut pour aller chercher un titre, et ce, aussi bien en tant que joueuse qu’en tant que coachNous sommes vraiment impatients de l’accueillir et ainsi de se lancer à la conquête d’un titre WNBA

WNBA Report

Des ambitions claires et affichées, le défi est gros pour Sandy Brondello. Mais la coach australienne, et avec la Free Agency qui démarre dans les jours à venir, saura à coup sûr, relever cet immense challenge qu’est ramené New York en Finales WNBA. Son expérience, son talent mais aussi son caractère pourraient être les clés d’un succès prochain, parce qu’à New York cette saison, et on le pense, les Liberty ne feront pas dans la figuration. Mais est ce-que l’expérience de Brondello suffira à mener ce groupe au sommet ?

Becky Hammon, la légende qui ne doit rien au hasard

Ce titre est tout trouvé, mais vous comprendrez mieux pourquoi dans très peu de temps.

Las Vegas, Texas, lieu où est implantée la désormais reconnue franchise des Aces (ex San-Antonio Stars). Depuis sa création en 2018, cette franchise n’a cessé de progresser mais surtout n’a cessé de gagner, 2 demi-finales (2019 puis 2021) et une finale (2020), meilleur bilan en 2020 et deuxième meilleur bilan la saison passée. Des joueuses référencées, talentueuses, Liz Cambage, Angel McCoughtry, Chelsea Gray, A’ja Wilson, Kelsey Plum, Dearica Hamby pour ne citer que celles-là…

Bref, c’est un roster taillé pour la réussite, avec à sa tête le Bad-Boy des Détroit Pistons par excellence, Bill Laimbeer. L’ancien pivot de la franchise du Michigan est aussi imposant par sa taille que par son palmarès, 3 fois Champion WNBA (2003, 2006, 2008 avec le Détroit). Coach et General Manager des Aces, la franchise n’hésite pas à lui donner toutes les clés. Alors pourquoi changer ? Il suffit simplement d’être patient ? Un premier titre va vite arriver… Et là, ce n’est pas un coup de tonnerre mais un véritable tsunami !

Nommer Becky Hammon en tant que « Head Coach », LA légendaire meneuse de cette même franchise du temps des Stars de San Antonio, c’est fort. Si on y réfléchit bien, ce choix est inattendu. Retour sur cette joueuse à la carrière pas comme les autres.

Crédits Photo : Las Vegas Aces

Becky Hammon, c’est la légende hors-norme en WNBA. Pas draftée en 1999, elle est arrivée par la petite porte, par celle que personne ne regarde. La Native de Rapid-City, dans le Dakota du Sud a longuement travaillé, n’a jamais lâché, jusqu’à être sélectionnée au ALL-Star Game en 2003 alors qu’elle était encore à New York. Becky Hammon, celle que personne n’attendait, montre au monde de la WNBA que le travail et le cœur sont les seules choses qui comptent à la fin. Jouant 4 Finales WNBA (3 avec New York en 1999-2000-2002 et 1 avec San Antonio en 2008), elle entre alors un peu plus dans la légende. Surtout, elle éclabousse le monde entier de sa classe en portant les Stars jusqu’en Finales en 2008. Une Undrafted qui fait ça, c’est dingue… Son talent n’est alors déjà plus remis en question, dès 2003 d’ailleurs… En 2006, elle réalise sa meilleure saison en termes de statistiques : 18 points et 5.0 passes par match. Des performances, elle en a. Des matchs de playoffs où Hammon était tout simplement inarrêtable, il y en a (par exemple, elle inscrit 30 points dans la victoire des Stars face aux Monarchs de Sacramento en demi-finale de conférence Ouest en 2008). Sa rigueur et son sang-froid sont parfaitement incarnés par son adresse aux lancers francs tout simplement exceptionnelle : 89.7 % en carrière. Avec un tel pourcentage, autant dire que c’est le record, aucune joueuse n’a fait mieux. Sur son passage, Becky n’aura laissé personne indifférent, à tel point qu’elle sera introduite au sein du très fermé groupe (composé de seulement 7 joueuses) : « Ring of Honor »:

The Ring of Honor recognizes players who have « made the most significant contributions to the Liberty’s tradition of excellence and to the growth of the WNBA.

La bague d’Honneur récompense les joueuses ayant apporté leurs contributions de manière significative à la renommée d’excellence des Liberty mais aussi au développement de la ligue en général.

WNBA – New York Liberty

En un mot, c’est exceptionnel ce qu’a fait Becky Hammon en tant que joueuse, pleine de culot, comme lorsqu’elle a décidé d’obtenir la nationalité russe. Et ce, pour affronter les américaines et prendre sa revanche sur Team USA qui avait fait impasse sur elle quelques années plus tôt. Rencontres qui n’auront jamais abouti favorablement. Ce seront peut-être les seuls échecs sportifs de sa carrière, c’est dire… Histoire d’en finir sur son palmarès, elle est la seule joueuse des San Antonio Stars à avoir son maillot retiré et compte pas moins de 6 nominations au ALL-Star Game.

Tout ça, c’est bien joli mais en tant que coach, là non plus, rien n’est dû au hasard. Tout ce que Becky Hammon possède, elle a travaillé pour et l’a mérité. En 2014, elle devient la première femme de l’Histoire NBA à devenir assistante coach. Comme un symbole, elle entame sa carrière d’entraineuse avec les San Antonio Spurs au côté de Gregg Popovich, son mentor et ami. Elle n’a depuis arrêté de progresser, de grandir et surtout, elle n’a pas cessé d’obtenir des distinctions. Forcément quand on est hors-norme, il y a de quoi être reconnue. Première femme coach d’une équipe, les Spurs, en NBA G-League (Ligue réserve de la NBA), première femme à remporter un titre dans cette même ligue. Le 30 Décembre 2020, c’est la consécration. Après l’expulsion du coach légendaire des Spurs, c’est elle qui devient coach principale face aux Lakers. C’est alors la première femme à devenir coach principale d’une franchise en NBA. Elle a même plusieurs fois été mentionnée pour prendre la tête d’équipes en NBA, signe de son travail remarqué.

Et si quelqu’un avait encore des doutes sur ses capacités :

Becky has become an integral part of our program in every way, shape and form,” said Spurs Head Coach Gregg Popovich. “This is a great opportunity for her to highlight her many skills. Her intuitive feel for the game and ability to teach will serve the Aces very well as she institutes her system and culture.

Becky fait désormais partie intégrante du programme et de la franchise, de toutes les manières possibles, dans le fond comme dans la forme – C’est une très belle opportunité pour qu’elle puisse mettre en lumière ses nombreux talents. Son don naturel pour sentir le jeu, savoir le maîtriser, et sa capacité à transmettre, à enseigner seront des atouts qu’elle mettra aux services des Aces dès qu’elle commencera à mettre sa patte sur le roster et sur la franchise

WNBA Report

Quand Gregg Popovich parle, on écoute et là, c’est de bonnes augures pour Las Vegas.

Avec un tel vécu, difficile d’imaginer que Becky Hammon puisse échouer avec les Aces, au contraire, elle est déjà enthousiaste mais aussi reconnaissante auprès des dirigeants :

I am so excited to return to the WNBA and grateful for Mark Davis and Nikki Fargas having a vision for me to lead the Aces,” said Hammon […] I’m thrilled to be able to give back and lead this next group of women.

Je suis vraiment impatiente de revenir en WNBA et tellement reconnaissante auprès de Mark Davis (General Manager) et Nikki Fargas qui me voient mener et coacher les Aces – Je suis toute excitée à l’idée de revenir et de coacher ce groupe de filles.

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Cette confiance, autant dire que c’est toute la franchise qui la lui accorde, Nikki Fargas, président des Aces, en tête de file :

“We’re very excited to have Becky return to the Aces’ franchise as our head coach,” said Fargas. “Her success in the sport of basketball as both a player and a coach is unparalleled, and fueled by a tenacious desire to be the best she can possibly be. We have one of the most talented rosters in the WNBA, and Becky is the absolute best person to lead this team.”

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Nous sommes vraiment excités, impatients d’avoir Becky de retour au sein de la franchise des Las Vegas Aces en tant que Coach Principal – Son succès dans le basket, aussi bien en tant que joueuse qu’en tant que coach est unique, et profondément alimenté par son désir, son envie d’être la meilleure Becky Hammon possible. Nous avons l’un des plus talentueux effectifs de la ligue et Becky est la femme parfaite pour le mener.

Approuvée par Bill Laimbeer lui-même également, Becky Hammon est nommée de manière unanime :

“This is the best possible scenario for the Las Vegas Aces,” allowed Laimbeer.

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C’est le meilleur scénario possible pour les Las Vegas Aces.

En fin de compte, on en a dit des choses sur Becky Hammon. Ce retour aux sources est peut-être le seul challenge qui lui reste à surmonter dans sa carrière. Celui de porter jusqu’au sommet la franchise de Las Vegas, là où 14 ans en arrière, elle avait échoué. Le titre est bien trouvé, Becky Hammon aura toutes les cartes en main, soyez en sûrs, elle ne va rien lâcher ! Toutefois, est-ce qu’elle arrivera à surpasser Bill Laimbeer et les énormes attentes de la franchise ?

Equipe(s) en lien : Las Vegas Aces New-York Liberty