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Bourges se réveille avec des Tango en Finale de l’EuroCup. C’est surement ce que retiendra le plus cette ville aujourd’hui. Et nous, il nous aura fallu, une nuit pour nous en remettre. Bourges avait rendez-vous avec son Histoire hier : le Final Four de l’EuroCup. Il a commencé avec une première rencontre surprenante et il a terminé sur une deuxième qui a littéralement fait imploser la salle avec une victoire à domicile des Tango Bourges face aux turques de Galatasaray. Retour sur cette folle deuxième rencontre de la soirée.

Les Tango en liesse après le coup de sifflet final !
Crédit photo : FIBA

Une première mi-temps de tous les possibles

C’est dans une salle chaud bouillante que se joue cette dernière rencontre du Final Four entre Bourges qui joue dans sa maison mère et les turques de Galatasaray. Dès le début, la tendance est donnée. C’est une rencontre à haute intensité qui se joue. Aucune des deux équipes ne veut lâcher le morceau, surtout pas dès le début, à l’image du 3pts de Hampton à 4’24 pour chercher l’égalisation et le and one. Elle n’ira au bout de son lancer franc, mais aura le mérite de relancer son équipe puisque directement après Duchet y va également de sa patoune à 3pts. S’en suit une percussion de Michel dans la raquette pour rajouter +2. Les berruyères viennent de planter 8pts aux turques (15-10, 2’51). Après le temps mort turque du coach Efe Guven, Galatasaray reprend du poil de la bête et se relance dans la partie. La capitaine Bilgic avec ses 6pts, mène ses troupes accompagnée par Evans qui met en difficulté la raquette des Tango. Galatasaray inflige 8pts à Bourges dans les dernières minutes du quart-temps. A moins de 20 secondes de la fin, Duchet assène un tir assassin, qui remet les Tango sur la bonne voie en revenant à -1 (17-18, 17″). Le premier quart-temps se termine sur le score de 17-18. Vous l’avez compris, c’est une rencontre des plus tendues qui se joue. Les détails auront leur l’importance.

Le 2e quart-temps : le réveil de Plum le poison

En parlant de détails, Plum, la star américaine des Las Vegas Aces, futur coéquipière de Rupert, et fer de lance de cette équipe turque, marque ses premiers points seulement dans ce 2e QT. Elle met 7pts d’entrée obligeant Lafargue à prendre temps mort (20-27, 7′). On vous le rappelle, lors des deux précédentes rencontres de Galatasaray, elle avait inscrit 30 et 28 points… Nul doute que si le poison américain se réveille, la suite de la rencontre peut davantage se compliquer. Côté Tango, une des armes offensives majeures de l’équipe est en difficulté, du moins, offensivement. Effectivement, si Rupert peine à trouver la mire en attaque, elle aura le mérite de largement faire le travail en défense et de ne laisser aucun panier facile aux turques. Mais le manque d’efficacité offensive qui s’installe dans ce 2e quart temps pour Bourges, confronté à l’agressivité défensive des turques, met à mal les Tangos. Alors à -10 (26-36, 1’22), Mann renoue avec le scoring et plante deux trois points de suite (32-38, 22″). Plus rien ne rentrait coté Bourges et à quelques secondes de la pause, Mann enflamme le Prado. Les berruyères retournent aux vestiaires avec trois possessions de retard (32-38). Kelsey Plum, le réveil, est à 14pts, 6rebs à la pause et aura eu le mérite de calmer les ardeurs naissantes des Tango.

Kelsey Plum, le poison américain, inscrit ses premiers points dans le 2e quart-temps pour finir à 14pts à la pause !
Crédit photo : FIBA

Qui dit Tango, ne dit jamais son dernier mot

Bourges ressort des vestiaires comme si elles étaient dans la continuité du réveil que Mann avait insufflé juste avant la pause. Rupert plante ses premiers points, le couteau entre les dents, prête à en découdre dans la raquette turque (41-44, 7’09). Hampton tire à 3pts, ne marque pas mais est criante d’efficacité sur la ligne afin de ramener son équipe à égalité (44-44, 5’31). Michel « la légende », qu’on ne devrait plus nommer, (ou « chipeur arrête de chiper », on vous laisse choisir) à deux doigts de chiper la balle des mains de Kelsey Plum, la force à tirer, et LA CONTRE ! Elle repart aussi sec en contre attaque, trouve Hampton qui tire à 2pts et Bourges reprend la tête du match pour la première fois dans cette seconde période (46-44, 4’58).
Histoire d’en rajouter, la meneuse et capitaine Bilgic semble s’être blessée au genou, sort et est remplacée par Plum qui reprend la mène. Evènement qui semble impacter Galatasaray peu de temps, puisque Bourges, a 5 fautes d’équipes, se retrouve pénaliser défensivement. Les Turques en profitent et reviennent jusqu’à mettre un 7-0 aux Tango (46-51, 2’25). Mais qui dit Tango, ne dit son dernier mot. Eldebrink, en sortie de temps mort, tire en direct du parking du Prado et fait exploser la salle (49-51, 1’56). C’est sur le score de 49 à 56 que se termine ce 3e quart-temps.

A dix minutes de l’Histoire

Il ne reste plus que 10 minutes à présent pour que les Tango puissent arracher une Finale emblématique à domicile, au Prado, en France. Le début de quart-temps est compliqué et éteint quelque peu les espoirs de Bourges qui se mange un +6 d’entrée, obligeant le coach, Olivier Lafargue à prendre temps mort après 2mn de jeu (49-62, 7’59). Temps mort efficace pour remettre les idées en place et permettre à Michel de relancer le compteur berruyer dans ce dernier quart-temps (51-62, 7’52) suivi par Duchet (53-62, 7’08). Le basket, c’est des temps fort et des temps faibles. Bourges est à -13, -11 puis -9, le temps, ça va et ça vient tandis que les rythmes cardiaques dans la salle, ont l’air de plus partir que de revenir. Tout au long de la rencontre, à chaque fois que Bourges réussissait à revenir, le coach de Galatasaray, Efe Guven, réussissait à casser le rythme et éteindre la flamme des berruyères, avec ses temps mort. Ses joueuses ont constamment réussi à revenir par la suite.

Alix Duchet, le poignet en feu. Sarah Michel, le remède au poison

Coup de maitre d’Olivier Lafargue ? Chance ? Regain d’énergie des joueuses ? En sortie de temps mort turque, Bourges se lance dans une défense tout terrain, asphyxiante, que les turques ne semblent pas avoir vu venir et qui permettra aux Tango de récupérer des ballons. La tendance semble changer de trajectoire. Galatasaray peine à retrouver la mire. Rupert, signe de la renaissance des Tango, marque de nouveau sous le panier (55-62, 5’26). Et à quelques secondes du money time, la chouchoute du Prado, fait littéralement imploser la salle en trouvant enfin la mire à 3pts, ramener Bourges à -3 (60-63, 3’19). Bilgic refait surface dans le 4e quart-temps mais semble être en réel difficulté. A l’aube du money time, elle se voit sortir et Plum reprend la mène. Plum à la mène deviendra le dessert préféré de Sarah Michel qui lui fera vivre un enfer. Depuis plusieurs minutes déjà, Michel est entrain d’éteindre le poison américain et le jeu offensif de Galatasaray semble peu à peu s’éteindre aussi. Le poison français, Alix Duchet, commence à rentrer dans les veines turques. Aux lancers francs puis sur un shoot à 3pts dantesque à 1mn de la fin, Alix Duchet, le poignet en folie, est entrain de rentrer dans l’Histoire de son club en permettant à son équipe de reprendre la tête (67-65, 1’04). Tout le monde dans la salle est debout depuis plusieurs minutes et les dernières secondes n’arrangent en rien la tachycardie du Prado. Rupert contre dans la raquette, mais Plum n’a pas dit son dernier mot malgré le mode pieuvre de Michel (67-67, 47″). Grosse défense des Tango, Plum en difficulté se lance dans une percussion pleine raquette où elle rencontre un mur nommé Rupert aidée de ses coéquipières, elle s’arrache au rebond trouve Duchet, Duchet voit partir Michel, Michel plante son lay-up sans trembler en contre attaque à moins de 5 secondes de la fin (69-67, 4″). La faute technique sur Michel et Plum au lancer franc qui rate (elle qui ne rate que très rarement) et un dernier shoot à 3pts désespéré, ne donnera lieu à peu de choses pour Galatasaray. Dans un Prado en feu, Bourges s’impose à domicile pour une finale historique : 69-67.

Bourges avait rendez-vous avec son Histoire. Bourges a pris ce rendez-vous avec son Histoire et a réussi à s’imposer dans une rencontre qui est loin d’avoir été si simple. L’effort collectif de Bourges a eu raison de Galatasaray et c’est finalement, ce qu’on retiendra de plus beau dans cette folle soirée. Mais l’Histoire des Tango ne s’arrête pas là, il ne reste plus qu’une marche à gravir et nul doute que la 6e joueuse aura encore, toute son importance au Prado, demain, face surprenantes et revanchardes italiennes de Venise.

Le game winner pour Sarah Michel qui s’envole vers la victoire.
Crédit photo : FIBA
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