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Aujourd’hui débute à Istanbul (Turquie) le Final Four d’EuroLeague. Un Final Four qui se jouera sur tout le weekend et qui commence aujourd’hui avec les demi-finales : Perfumerias Avenida – Sopron et ZVVZ Prague – Fenerbahce.  Et si on faisait un petit tour d’horizon du gratin du basket féminin européen ? 

Perfumerias Avenida

Bilan de saison régulière: 11V-3D (1er de la Poule A)

On commence cette présentation avec les finalistes de l’édition précédente : les espagnoles de Salamanque. Celles-ci ont clairement des atouts à faire valoir. En terminant première des phases de groupes, la Perfumerias Avenida fait peur, d’autant plus que Salamanque est sur une très bonne dynamique. Les filles du coach de l’année ont vaincu Girone au bout du suspense 2-1 en quart de finale, mais ont aussi remporté la Copa de la Reina, il y a quelques semaines. Dans le championnat espagnol, cette équipe ne compte qu’une seule petite défaite pour 25 victoires.

La star : Kahleah Cooper

Voilà pourquoi Salamanque fait peur : elle compte dans ses rangs la MVP d’EuroLeague et MVP des dernières finales de WNBA. Alors qu’elle sortait d’une saison très complète en WNBA avec le Chicago Sky, Kahleah Cooper a confirmé sa grande forme lors de son arrivée en Europe. En seulement 12 matchs, Cooper combine 22 points (meilleure marqueuse de la ligue), 6 rebonds et 2 passes décisives en moyenne. Véritable machine à scorer, personne ne semble pouvoir arrêter KLC, même pas l’armada d’Ekaterinbourg contre qui elle a inscrit 34 points début décembre.

Facteur X : Maite Cazorla

Avant toute chose, mettons-nous d’accord sur la signification du terme « Facteur-X ». Nous l’utilisons ici pour qualifier une joueuse qui n’est pas l’arme n°1 de son équipe, mais qui est capable de faire la différence sur un match. C’est le cas de Maite Cazorla. On connaît les qualités de la jeune meneuse espagnole (24 ans), qu’on a notamment pu voir du côté des Jeux Olympiques de Tokyo. Les stats de Cazorla ne sont pas non plus stratosphériques cette saison : 7.6 points, 2.1 rebonds et 3.5 passes. Cependant il est certain que les Espagnoles auront besoin de leur meneuse qui peut vraiment « step-up » et s’avérer « game-changer » sur ce Final Four malgré sa jeunesse. A noter aussi que Salamanque retrouvera Katie Lou Samuelson pour ce Final Four, ce qui peut faire la différence même si elle n’a pas joué depuis deux mois.

Crédit: FIBA

Sopron Basket

Bilan de la saison régulière : 8V-6D (2ème de la poule B)

Sopron a soif de revanche dans ce Final Four. Elle participe au dernier carré de la compétition pour la quatrième fois consécutive mais ne s’est retrouvée en Finale qu’en 2018. Dans un article de la FIBA, Gabby Williams explique ce sentiment de revanche et de rédemption. En effet, les hongroises ont déjà rencontré Salamanque en demi-finale l’année dernière, et s’étaient inclinées 72-61. Pour autant, Sopron n’est toujours pas favorite dans ce duel qui s’annonce électrique. Les hongroises présentent une défense très solide, la meilleure du tournoi avec seulement 62.8 points par match encaissés. En revanche, les tombeuses du BLMA viennent de perdre, à la surprise générale, la finale de la coupe nationale et ont perdu tous leurs matchs à Istanbul contre Fenerbahce et Galatasaray.

La star : Gabby Williams

COCORICO !!! Et non ce n’est pas chauvin de dire que notre Gabby nationale est la meilleure joueuse de son équipe. En effet, elle est le fer de lance de Sopron, notamment en défense. La française combine 13.4 points de moyenne, ainsi que 5.6 rebonds et 2.3 interceptions mais son travail défensif ne se voit pas forcément dans les stats. Si Sopron est aujourd’hui la meilleure défense de la ligue, c’est notamment grâce aux 37 interceptions de Gabby sur l’ensemble de la saison (un record). Mais la française peut aussi scorer quand il le faut. On a pu le voir lors du quart de finale retour contre le BLMA, lors duquel elle a inscrit 28 points et pris 11 rebonds. La meilleure défenseuse de l’année dernière, qui a échappé de peu au titre cette année, pourra-t-elle stopper la machine KLC ?  C’est là tout l’enjeu de ce duel entre Salamanque et Sopron.

Facteur X : Nevena Jovanovic

Difficile d’établir le « X-factor » de cette équipe. Sopron pourra notamment s’appuyer sur des joueuses d’expérience comme January ou Dolson, toutes les deux habituées de la WNBA. Les hongroises ont aussi un coach bien connu de la scène européenne mais aussi du sang neuf avec de jeunes joueuses de talent sur le banc. Mais nous avons choisi de mettre en avant Nevena Jovanovic. La joueuse serbe de 31 ans peut s’avérer essentielle pour les hongroises. Dans un match qui va certainement être très défensif, l’apport de l’ancienne joueuse de Basket Landes peut être très important avec ses tirs clutch à longue distance. Attention également à la meilleure marqueuse de l’équipe Bernadett Hatar et à la jeune étoile montante du basket hongrois, Aliz Varga, deuxième au classement de la meilleure jeune joueuse.

Crédit: FIBA

Fenerbahce Safiport

Bilan de la saison régulière : 11V-3D (1ère de la Poule B)

Fenerbahce fait figure de favorite dans ce Final Four pour beaucoup d’observateurs. En même temps, difficile de trouver des faiblesses à cette équipe. Les turques sont sur 11 victoires de suite, 9 en saison régulière et 2 en quart de finale face au TTT Riga. Elles mènent la ligue turque avec un bilan de 21-2 mais ont perdu récemment la final de la Coupe de Turquie contre Mersin. Preuve que cette équipe n’est pas imbattable, même si cela peut paraitre difficile à croire tellement on trouve de fortes individualités dans cette équipe. On peut citer par exemple des habituées de la WNBA avec Stokes, McBride, Sabally ou encore Zahui B. Avec en moyenne 80 points par match, le Fenerbahce est donc une super puissance offensive mais compte aussi dans ses rangs la meilleure défenseuse de la ligue, Elizabeth Williams.

La star : Alina Iagupova

Dans cette « super-team », un élément brille plus que les autres : Alina Iagupova. Troisième du vote de la MVP de la ligue, la joueuse ukrainienne avait remporté cette distinction deux fois de suite en 2020 et 2021. Iagupova est la joueuse clé de cette puissance turque. Cette saison, elle cumule en moyenne 16.2 points, 5.3 rebonds et 5.4 passes, étant ainsi la 3ème meilleure passeuse de la ligue. Elle a su adapter son jeu, devenir moins scoreuse pour faire de plus en plus jouer ses coéquipières, tout en devenant la force défensive de son équipe avec 2.1 interceptions par match. Reste à savoir dans quel état d’esprit elle va entrer dans le tournoi avec la situation actuelle de son pays (originaire d’Ukraine) .

Facteur X : le public

C’est tellement difficile de choisir un facteur X dans cette équipe si complète. On pourrait penser à Satou Sabally, qui fait une très bonne saison, Kayla McBride, qui apparait comme l’arme offensive n°1, ou encore la française Bria Hartley, qui peut apporter toute son expérience. Dans la team BLB, on botte en touche et on va plutôt parler du public. Pour la seconde année consécutive, le Final Four d’EuroLeague, se tiendra à Istanbul. Cependant, contrairement à la précédente édition, le public sera de la partie. Fenerbahce jouera à domicile, dans la salle qui a déjà accueilli la Coupe du Monde 2014 et l’Eurobasket 2017. On connait la ferveur du public turc, ce qui peut faire la différence dans ce Final Four pour Iagupova et ses coéquipières, qui peuvent se retrouver galvanisées par l’ambiance.

Crédit: FIBA

ZVVZ USK Praha

Bilan de saison régulière : 10V-4D (2ème de la Poule A)

Prague fait figure de petit poucet dans ce Final Four. Attention tout de même car les tchèques ont de très bons atouts à faire valoir. Tombeuse de Schio en quart de finale dans une série très accrochée, Prague domine clairement son championnat national, n’ayant connu aucune défaite. La force de Prague, c’est avant tout le collectif. L’équipe compte en moyenne 22 passes décisives par match, ce qui en fait la seconde meilleure équipe sur ce plan de jeu. Prague, c’est aussi une force offensive avec 81 points marqués en moyenne. C’est ça la force de la coach Hall of Famer, Natalia Hejkova, l’équilibre.

La star : Maria Conde

Ce n’est pas forcément la joueuse qu’on attendait le plus lorsqu’on regarde l’effectif tchèque. Et pourtant la joueuse espagnole sort d’une saison formidable, échappant même de peu au titre de MVP. Avec 17.5 points de moyenne, elle fait partie des joueuses les plus en forme de la compétition. Le phénomène Maria Conde a éclos cette saison, et espère bien rapporter le titre à Prague après celui de 2018.

Facteur X : Alyssa Thomas et Brionna Jones

Ce qui va faire la différence pour Prague, c’est l’état de forme collectif. Les tchèques doivent pouvoir compter sur une Oblak en forme, une Stankovic présente défensivement et une Vorackova plus entreprenante en sortie de banc. Nous avons choisi de plus nous concentrer sur le duo Thomas-Jones. Les deux joueuses du Sun du Connecticut font partie des pièces maîtresses de Prague. Forcément moins exposé avec l’émergence de Conde, ce duo représente en fait le cœur de l’effectif tchèque. Thomas est la maître à jouer de cette équipe avec 5.7 passes décisives par match. Ce duo est aussi la colonne vertébrale défensive de Prague avec en moyenne 9.5 et 8.5 rebonds. Le travail offensif n’est pas défaillant non plus puisqu’elles combinent à elles-deux 34.2 points.

Crédit: FIBA

Le Final Four d’EuroLeague n’a jamais été aussi indécis que cette année. Avec l’éviction d’Ekaterinbourg et des clubs russes, c’est la première fois depuis 2018 que nous allons avoir un champion d’une autre nationalité. Une décision qui rend les pronostics beaucoup plus compliqués à faire. Chaque équipe a des forces à faire valoir et personne ne semble vraiment dominer les débats. Alors, quel est votre favori ? Rendez-vous le 8 et 10 avril pour connaitre le dénouement de cette superbe saison d’EuroLeague.

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